La Mort est le sommet du chemin, auquel mène une échelle composée de ceux qui, d'abord, rassemblaient les cadavres, puis parlaient aux esprits, ensuite portaient en eux l'au-delà, moururent véritablement et devinrent le nom que les vivants donnent à la fin.
Ce chemin se distingue des autres par la constance avec laquelle il prive le porteur de la vie. Le Collecteur de Cadavres ne fait que refroidir son corps ; l'Immortel perd la mémoire tous les soixante ans ; le Passeur meurt dans l'Au-delà et en reste une partie ; l'Empereur Pâle se sépare de son propre nom, en le donnant à la mort. À la cime n'arrive plus un homme.
Les prérogatives de la Mort sont au nombre de cinq, et toutes sont absolues par leur sens :
Mort — le pouvoir sur elle-même s'élève au niveau du concept ;
Pâleur — la forme définitive du dépérissement, l'extinction de tout ce qui existe ;
Limite — la Mort est la destination finale de toute chose et la limite commune de toute vie ;
Non-mort — elle est la source même de l'existence des non-morts et leur souveraine ;
Asservissement — tout ce qui possède une âme lui est soumis.
Le rituel de l'ascension formalise cela littéralement : il faut créer pour les morts un véritable refuge final — ou fusionner avec un refuge déjà existant — de sorte que toutes les morts au sein des domaines mènent précisément là. Non pas tuer, non pas assujettir : devenir le lieu vers lequel on vient.