Счастливчик — c'est l'échelon qui a donné son nom au chemin. Il n'a qu'une seule aptitude, et elle n'est pas active : la Chance passive.
Le porteur a simplement de la chance. Le canon l'énonce de façon banale et, de ce fait, convaincante : il trouve de l'argent dans la rue, les ennemis le ratent, les dés tombent comme il le faut, et la femme qui lui a plu s'avère par hasard ne pas lui être indifférente.
L'ironie de cet échelon tient à ce que le Porte-bonheur ne peut pas encore la contrôler. La chance vient d'elle-même, quand elle vient, et exactement sous la forme qu'elle veut. Les premières lueurs de maîtrise sur sa propre veine n'apparaîtront qu'avec le Vainqueur, au cinquième échelon.
Au combat, cette propriété est trompeuse : elle ne sauve pas de celui qui est plus fort, mais elle transforme tout hasard en allié — et il y a plus de hasards au combat qu'il n'y paraît.
La composition de la formule est à l'avenant : une fleur de bonne chance, de la terre de l'endroit où elle a poussé, et une pièce d'or ou d'argent ramassée au cours des trois derniers jours.